Ces logiciels malveillants qui peuvent compromettre la sécurité de vos comptes bancaires
Logiciels espions, rançongiciels, chevaux de Troie… Les codes malveillants qui ciblent smartphones et autres outils informatiques représentent toujours aujourd'hui une menace pour la sécurité des comptes bancaires des particuliers et des entreprises. Comment fonctionnent-ils ? Comment les repérer ? Et surtout, comment réagir en cas de doute ? Éléments de réponse.
Les logiciels malveillants, ou malwares, constituent une menace persistante pour les utilisateurs d'outils numériques. En 2024, les demandes d'assistance liées aux programmes malveillants ont progressé de 58 % sur la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr.(1)
Conçus pour s'infiltrer dans un ordinateur ou un smartphone à l'insu de son propriétaire, ces logiciels peuvent poursuivre des objectifs variés : vol de données, espionnage, prise de contrôle à distance, extorsion ou perturbation du fonctionnement d'un système.
Dans l’environnement bancaire, certains de ces logiciels sont spécifiquement conçus pour intercepter des identifiants de banque en ligne, contourner des mécanismes d’authentification ou faciliter la réalisation d’opérations frauduleuses. D’autres permettent aux cybercriminels d’accéder à des informations sensibles ou de prendre le contrôle d’un terminal à distance.
Comprendre le fonctionnement de ces menaces est essentiel pour mieux les identifier et adopter les bons réflexes de sécurité. Cet article présente les principales familles de malwares, leurs modes d’action et les risques particuliers qu’ils peuvent représenter pour les utilisateurs de services bancaires en ligne.
Qu'est-ce qu'un « malware », et sous quelles formes se présente-t-il ?
Un malware (contraction de « malicious software », soit « logiciel malveillant ») désigne tout programme informatique conçu pour s'infiltrer dans un appareil numérique (ordinateur, smartphone, tablette) à l'insu de son utilisateur. Et ce dans le but de lui nuire, de lui voler des données, ou de permettre une prise de contrôle à distance.
Plusieurs familles de malwares concernent plus particulièrement la sécurité bancaire(2) :
- Les logiciels espions (spywares). Ils peuvent enregistrer les frappes au clavier, récupérer des captures d'écran, ou intercepter des SMS, y compris les codes de confirmation envoyés lors d'une opération bancaire.
- Les rançongiciels (ransomwares). Ils peuvent chiffrer les données d'un appareil voire le bloquer et exiger une rançon pour pour rétablir la situation. Bien que moins directement liés à la fraude bancaire, ils peuvent toucher des particuliers ou des professionnels stockant des documents sensibles, notamment sur des dispositifs de stockage .
- Malware bancaire
Bon à savoir :
Les chevaux de Troie bancaire ou d'accès à distance(3). Ces chevaux de Troie se dissimulent généralement dans une application ou un fichier d'apparence anodine. Une fois installés, ils peuvent capturer les identifiants de connexion à l'espace bancaire en ligne, ou afficher de fausses pages imitant l'interface de la banque pour récupérer des données sensibles. Les chevaux de Troie d’accès à distance, plus sophistiqués, peuvent permettre à un cybercriminel de prendre la main sur l'appareil infecté. Ces opérations se mènent parfois en temps réel. L’escroc est alors en mesure de valider lui-même une opération bancaire pendant que sa victime, mise en confiance, pense agir seule ou suivre les instructions d'un « conseiller » (Fraude au faux conseiller bancaire : comment la repérer et s’en protéger ? - SG).
Comment un appareil peut-il être infecté ?
Les modes de contamination sont variés :
- l'installation d'une application téléchargée en dehors des espaces officiels, ou d'une fausse application imitant un service légitime ;
- l'ouverture d'une pièce jointe piégée reçue par e-mail ou SMS (phishing, smishing) ;
- le clic sur un lien frauduleux redirigeant vers un site compromis ;
- la connexion à un réseau Wi-Fi public non sécurisé ;
- l'utilisation d'un logiciel ou d'un système d'exploitation obsolète, non mis à jour, comportant des failles de sécurité connues et exploitables.
- Appel d’un faux conseiller qui demande de télécharger une app qui peut être utilisé à des fins malveillants
Les signes qui doivent vous alerter
Un appareil infecté par un malware ne présente pas toujours de symptôme visible. C'est d'ailleurs ce qui rend cette menace particulièrement insidieuse. Certains signaux peuvent néanmoins, sans certitude absolue, éveiller la vigilance :
- Un ralentissement inhabituel de l'appareil, une surchauffe anormale, ou une batterie qui se décharge plus rapidement qu'à l'accoutumée.
- Une alerte ou un dysfonctionnement de votre antivirus
- Des notifications de votre banque sur des opérations que vous n’avez pas initiées (demandes de connexion, opérations inhabituelles, changement de vos coordonnées téléphoniques, mail, ajout d’IBAN) que vous n'avez pas initiées ;
- Des applications qui s'ouvrent ou se ferment seules, ou un curseur de souris qui bouge sans intervention voire le téléphone qui s’éteint et / ou redémarre seul ;
- L'apparition de fenêtres publicitaires intempestives, de nouvelles icônes ou applications non installées volontairement ;
- Une modification inhabituelle de l'interface de connexion, l'apparition de faux écrans de mise à jour, de demandes répétées de saisie de vos identifiants bancaires ou d'écrans noirs empêchant toute interaction normale avec l'appareil ;
- Une demande inhabituelle d'autorisation d'accessibilité, notamment de la part d'une application qui n'en a normalement pas besoin ;
- Des e-mails envoyés depuis vos messageries sans que vous en soyez à l'origine ;
Pris isolément, chacun de ces signes peut avoir une explication anodine. Mais leur cumul, ou leur apparition soudaine, peut faire craindre une attaque logicielle.
Quels réflexes adopter en cas d'attaque ?
Si vous suspectez une infection de votre appareil, plusieurs actions peuvent être engagées rapidement.
- Déconnectez l'appareil suspect d'Internet et du réseau Wi-Fi, afin de limiter une éventuelle prise de contrôle à distance, une exfiltration de données en cours ou une propagation de l’infection.
- Modifiez vos mots de passe depuis un autre appareil (ceux de vos banques, messageries, réseaux sociaux), en évitant de réutiliser un mot de passe déjà compromis.
- Vérifiez vos comptes bancaires depuis un autre appareil
- Identifiez la source de l’infection et prenez les mesures nécessaires pour la stopper, ou consultez un professionnel qualifié. La plateforme 17Cyber, dispositif public d'assistance aux victimes de cybermalveillance, peut vous orienter vers des prestataires de confiance et vous accompagner dans vos démarches.
- Consultez notre article comment réagir en cas de fraude
Les bonnes pratiques de prévention
La meilleure protection reste, comme souvent, une vigilance de tous les instants :
- Maintenez vos appareils à jour : systèmes d'exploitation, applications et antivirus doivent être régulièrement mis à jour, ces mises à jour corrigeant fréquemment des failles de sécurité exploitées par les cybercriminels.
- Téléchargez vos applications uniquement depuis les stores officiels (App Store, Google Play …), en vérifiant l'éditeur et les avis avant installation.
- Méfiez-vous des pièces jointes et liens reçus par e-mail ou SMS, même lorsqu'ils semblent provenir d'un expéditeur connu. Un simple appel permet parfois de lever le doute.
- Évitez les réseaux Wi-Fi publics pour réaliser des opérations bancaires, ou utilisez à défaut un VPN.
- Activez l'authentification forte proposée par votre banque, et ne communiquez jamais vos codes de validation à un tiers, y compris à une personne se présentant comme un conseiller bancaire.
- Sauvegardez régulièrement vos données sur un support externe ou un espace de stockage sécurisé, ce qui peut limiter l'impact d'une éventuelle attaque par rançongiciel.
(2) Le rapport 2025 de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement souligne par ailleurs le développement d’attaques visant les détenteurs de crypto actifs
(3) Désignés en anglais sous l’acronyme RAT, pour Remote Access Trojan
